La problématique du temps chez Arvo Pärt.

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Arvo Part très croyant, mais ne peut s’exprimer librement à cause du communisme. Oeuvres avec texte religieux et tourné vers la musique religieuse. Cependant, ces oeuvres restent des pièces de concert, non destinées à l’office.

Des influences médiévales : Part se consacre à l’étude de la monodie grégorienne et des débuts de la polyphonie.

Rapport entre la musique de Part et la musique médiévale :

-         pédales et bourdons

-         grands intervalles (quarte, quintes et octaves)

-         lignes modales simples, recto tono, rappelant le plain-chant

-         contrastes de texture

-         valeurs rythmiques longues

-         motifs dans la tradition de Machaut et Dufay

-         Valorisation du phrasé du texte par la musique

-         Modes rythmiques (iambe, tronchée)

-         Mouvements conjoints modaux.

Conclusion : Arvo Part s’est longtemps cherché : dodécaphonisme, sérialisme, collages … puis s’est intéressé à la primauté de l’accord parfait et à l’esthétique du son.

II. Le temps dans l’oeuvre.

Le minimalisme : Part ne s’éloigne que rarement de la tonalité de départ, une absence quasi-totale de chromatisme.

Une construction musicale qui repose sur un temps étiré au maximum.

Les silences, qui font partie du discours musical et en restreignent la densité.

Ligne mélodique recto tono qui renvoie à une pratique du chat grégorien qui, elle aussi, se situe « en dehors du temps ».

Statisme, immobilité = climat de recueillement recherché par le compositeur.

Exploitation d’un matériau thématique unique : répétition, transposition, permutations, renversements …

Pourquoi ce minimalisme ? Pour le caractère religieux, pour une esthétique, pour le travail sur le timbre (recherche des qualités internes du son, du son pour lui-même).

Procédés musicaux :

Part confie la mélodie aux parties graves, et les pédales jouent les lignes mélodiques aigues (contrairement à l’usage médiéval).

Ecriture contrapuntique en valeurs longues, les voix les plus graves ne s’inscrivant pas de manière audible dans le discours contrapuntique du canon mais produisant un effet pédale très perceptible.

Dissonances non résolues en fin de phrase.

Les mélodies évoluent autour d’une note pivot (souvent la tonique).

Rythme utilisé : le iambe et le trochée (procédé médiéval) = met en rapport le texte et la musique.

Statisme par les valeurs de notes très longues + tempo lent = tempo non pulsé

Absence de temps, traduit l’éternité.

III. Le style tintinnabuli : les principes fondateurs.

-         une musique qui ne module pas

-         une harmonie non fonctionnelle (n’est pas structurée selon le principe tension-détente, les accords parfaits n’ont pas de fonctionnalité dans le discours musical)

-         pas de chromatisme

-         pédales et bourdons très fréquents

-         une texture à deux voix, mélodique et tintinnabuli, écrite note contre note.

-         Utilisation quasi exclusive des notes de l’accord parfait.

-         Ecriture en canon (contrapuntique).

Tintinnabuli = statisme et suspension du temps.

IV. L’oeuvre confrontée au temps : le concept de « work in progress ».

La reprise et la remise en chantier d’oeuvres antérieures, une pièce n’est jamais figée, jamais définitive. Donc plusieurs versions (fratres) et reprises de procédés d’écritures.

Ainsi, on retrouve chez Part, un motif d’échelle mineure descendante et le canon en augmentation dans Calix, Arbos, Cantus in memory of Benjamin Britten, Dies Irae du Miserere.

Conclusion : On peut percevoir cette oeuvre comme une tentative de transcription musicale

de l’intemporalité, de l’éternité.

Tout se passe enfin comme si l’oeuvre d’Arvo Part tentait une synthèse entre les origines et le monde moderne, entre l’esthétique de la musique médiévale et une pensée musicale résolument contemporaine, l’utilisation d’échelles tonales modales et l’intégration de schémas d’origine ancienne s’inscrivant dans des processus d’écriture relevant à l’évidence du XXème siècle.

Voir l’analyse du Miserere d’Arvo Pärt.

Voir l’analyse du Cantus in memory of Benjamin Britten.